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Goldenyears

revues de mangas

Domû

22 Septembre 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Dômu Rêves d’enfants

Auteur :  Karsuhiro Otomo

Editeur : Les humanoïdes associés

233p

Style : enfants turbulents

 

L’histoire :

Tokyo et ses quartiers résidentiels : des oiseaux qui chantent, des enfants qui jouent et des gens qui se suicident. Bon d’accord, un suicide de temps en temps, ça arrive. Sauf que là, c’est par paquets entiers que les gens disparaissent dans seul et même quartiers et l’enquête n’avance pas. Pire, L'inspecteur Yamagawa en charge des opérations passe à la trappe lui aussi.

Les événements prennent une toute autre tournure quand la personne derrière ces suicides s’en prend à Etsuko jeune fille qui a des pouvoirs de télékinésie.

 

Ce que j’en ai pensé.

Ces grands complexes qui font vivre ensemble des centaines et même des milliers de personnes n’empêchent pas les personnages de ce manga d’être seuls : Yoshikawa est laissé de côté à cause de son père alcoolique, Yamagawa passe ses journées seul ou presque assis sur un banc à observer la vie du quartier etc. Les deux principaux personnages humains sont eux aussi victimes de cette solitude et cherchent à la briser : Chô-San en tuant des gens et Etsuko en protégeant Yoshikawa. Chacun son truc.

Les immeubles sont à mes yeux plus que décoratifs et sont des personnages à part entière. Fourmilières massives, ils occupent tout l’horizon et permettent d’enrichir le travail graphique d’Otomo. J’ai eu une pensée émue pour 20th Century Boy en lisant Dômu. 20th Century Boy représente des visages sur un bon 90% du papier utilisé ce qui laisse penser à un remplissage hâtif des pages pour remplir les exigences de bouclage (je n’ai vraiment pas aimé cette série, j’y reviendrai plus tard). Ici non, le décors est bien représenté et sert de véritable théâtre aux événements tout en abordant la question des conséquences de l’urbanisme sur les rapports sociaux.

En parlant de théâtre des événements, on peut dire que celui-ci est bien animé. Oubliez Matrix qui n’est qu’un travail d’amateur sponsorisé par MC Afee. Dans Dômu, ça vole, ça se téléporte et ça explose à tout bout de champ. Ce qui s’annonçait comme une enquête policière bascule en un affrontement dévastateur à grands renforts d’effets spéciaux avec une mise en scène souvent très bien sentie.

Enfin, je ne peux malheureusement pas passer à côté de soucis d’ordre narratifs. Si le sujet est plein de potentiel et laisse entrevoir un futur Akira, il est ici mal exploité à mes yeux. Des coupures apparaissent dans le récit et il arrive souvent que l’on passe du coq à l’âne sans savoir pourquoi ni comment. Surtout j’ai été frustré car l’histoire se résume un peu trop à une tatane entre deux télé kinésistes. On ne sait pas d’où ils viennent et leurs motivations sont à peine effleurées si bien que j’ai eu cette impression d’un travail incomplet.

 

En conclusion :

De l’action, de l’action de l’action certes, mais ça ne fait pas tout

 

Graphisme : 8/10. Bon travail graphique avec des efforts remarquables sur les décors.

Narration : 3/10. C’est là que le bas blesse : thèmes abordés de manière partielle et les sauts dans le récit sont désagréables.

Histoire : 4/10. Ça pourrait être bien mais le sujet est mal exploité.

 

Note totale : 5/10. A réserver aux fans d’Otomo, Akira représente un travail beaucoup plus complet.

 

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Panorama de l'enfer

11 Septembre 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Panorama de l’enfer

Auteur : Hideshi Ino

Editeur : IMHO

195p

Style : on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

 

L’histoire :

Un père de famille nous raconte son goût pour la peinture en nous parlant de ses histoires de famille avec des ancêtres tordus et des gamins qui sont assez prometteurs pour perpétuer la tradition familiale.

 

Ce que j’en ai pensé.

Bourdieu, quand tu nous tiens, tu ne nous les lâches plus. Ici, la reproduction sociale marche à plein dans tout ce qu’elle a de plus beau. Un sursaut du personnage principal permet heureusement de corriger le tir. Ui, je sais, c’est pas très net, mais je veux pas spoiler comme un malpropre, je tiens juste à attirer votre attention sur des aspects de sociologie..

L’aspect autobiographique de ce manga laisse rêveur quant à la vie de l’auteur : bombe atomique, père alcoolique, mère qui le bat, scène du retour au Japon dont il est le seul enfant survivant etc. Vous croyiez que vos parents étaient psychotiques, ben vous en reviendrez en lisant ce manga et vous vous estimerez heureux. Beaucoup. Mieux, vous vous sentirez même normal(e).

L’autre aspect marquant  de ce manga est l’exploitation de l’horreur et de la violence façon industrielle : ça cogne les gosses, torture des animaux et se mutile à tours de bras. Ça pourrait être pas mal mais là non. Autant Brain dead m’avait beaucoup amusé, autant ici, l’horreur et les corps mutilés m’ont ennuyé. C’est tout simplement too much au point que le message est noyé dans le sang et que le tout perd totalement son intérêt en devenant gratuit, un peu comme dans Doberman (mais quelle merde ce flim quand j’y repense tant sur la forme que sur le fond). Le personnage essaye de nous raconter sa vie avec une certaine poésie teintée d’horreur mais à peindre avec des gants de boxe, on perd en subtilité

 

En conclusion :

Trop c’est trop et l’auteur finit par perdre son sujet à mes yeux.

Graphisme : 4/10. Quasiment pas de décors et traits grossiers.

Narration : 7/10. Le récit est bien mené.

Histoire : 2/10. Petit fils de tordu plus fils de tordu plus père de tordu égal trop de torditude pour un seul et même personnage et on finit par s’ennuyer

Note totale : 2/10. Pourquoi ne pas le lire pour l’expérience mais bon, autant le feuilleter chez le libraire ou en bibliothèque. Ça valait pas le coup de gâcher du papier pour ça.

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Dororo

2 Septembre 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas


Fiche d’identité :

Titre : Dororo

Auteur : Osamu Tezuka

Editeur : Delcourt

800p + en 4 volumes

Style : science fiction à géométrie variable

 

L’histoire :

Dans la vie, yen a qui n’ont pas de chance et yen a qui n’ont pas de chance très tôt. C’est ce qui arrive à Hyakkimaru : son père donne son corps à 48 démons en échange du pouvoir. Il devra son salut à un chirurgien qui le recueillera, lui confectionnera un corps (à la base, il n’est plus qu’un asticot avec un crâne qui perçoit les choses plutôt qu’il ne les sent) et lui apprendra à manier le sabre.

La maîtrise du sabre assurée, Hyakkimaru se met à parcourir la campagne non pas à la recherche de gallinette cendrée mais de démons : chacun des 48 démons possède une partie de son corps donc un mort égale une partie de corps (œil, jambe, bras etc).

C’est au cours de sa quête qu’il croisera le chemin de Dodoro, apprenti roi des voleurs qui en veut à son sabre. Dès lors, nos deux compères ne se lâcheront plus.

 

Ce que j’en ai pensé :

Autant le dire, je me suis ennuyé sévère.

L’histoire aurait pu être intéressante mais elle est rébarbative : arrivée en un lieu, affrontement avec un démon, expulsion par les villageois. Heureusement que Tezuka n’a pas pu aller au bout de son histoire, sinon on aurait eu le droit à un nouveau Autant en emporte le vent. Les tentatives pour donner plus de relief s’ont d’un intérêt plus que limité

Pire, Tezuka ne sait pas où il va : un coup il tue des démons, un autre coup Dodoro est la fille d’un paysan révolté dont il faut retrouver le trésor pour aider les paysans martyrisés par les seigneurs, un coup Hyakkimaru retrouve sa famille et tue son frère. Bref, ça part dans tout les sens sans suivre une seule piste de manière consistante.

 

En conclusion :

Un travail de Tezuka à ne réserver qu’aux fans qui veulent en découvrir toute l’œuvre.

 

Graphisme : 4/10. Ca sent les travaux de jeunesse de Tezuka : formes très arrondies et peu de décors

Narration : 2/10. Trop répétitif

Histoire : 2/10. Il est où le fil conducteur ?

Note totale : 2/10. Œuvre dispensable

 

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Je ne suis pas mort

17 Août 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Je ne suis pas mort

Auteur :  Hiroshi Motomiya

Editeur : Delcourt

264p

Style : Robinson près de chez vous

 

L’histoire :

Kenzô Okada approche de la retraite. On se met à penser voyage, détente et petits enfants pour lui mais les choses ne tournent pas comme prévu : il se fait licencier, sa femme l’abandonne après avoir vidé l’appartement et les comptes familiaux et ses enfants ne répondent plus au téléphone. Bref, il est des jours où tout va pour le plus mal dans le plus mauvais des mondes et Kenzô décide de rentrer à sa ville natale pour se suicider. Manque de chance encore une fois, il échoue à se pendre.

Cet échec agit sur lui comme un déclic qui va lui donner l’envie de vivre seul dans les bois.

 

Ce que j’en ai pensé :

Kenzô est un personnage attachant. Au début du récit, on le voir subir sa vie : manque de confiance en lui-même, vieux jeu et abandon par tous. Puis, sa vie d’hermite va le révéler. On le voit devenir autonome, courageux et même sage. Cette progression vers la sagesse est soulignée par ses traits de visage, si le Kenzô du début est peureux, anxieux et triste, le Kenzô de la fin de l’histoire est apaisé, heureux, déterminé et sage. Le retour à la nature n’est pas une régression mais au contraire un progrés qui permet au personnage de se trouver lui-même.

Il est intéressant  de voir de Kenzô ne coupe pas totalement les ponts avec la civilisation. Il aurait pu vivre avec une peau de bête dans une grotte mais non. Il se construit son propre domaine dans la forêt avec sa cabane aménagée version confort plus, ses terres cultivées, ses réserves et tout le reste. Plus que fuir la modernité Kenzô cherche à se retrouver lui-même. Après toutes ces années que l’on devine stériles, on voit son besoin de vivre pour lui-même.

Nos petites vies sont bien confortables et cette histoire est là pour nous le rappeler. Dans la nature les dangers sont partout et le moindre événement peut tout faire basculer. D’accord, certaines scènes peuvent paraîtres exagérées et même crues (je pense à la blessure faite par le sanglier et à la scène d’accouchement) mais après tout pourquoi pas.

 

En conclusion :

L’histoire simple et bien racontée d’un homme qui décide de reprendre sa vie en main. Un one shot qui vaut le coup d’être lu et qui a le mérite de poser la question de savoir ce qu’est le bonheur dans la vie.

 

Graphisme : 7/10. Le style peut paraître un peu vieillot vu la date de parution mais cela passe très bien. Des efforts ont été faits pour tout ce qui est décors et évolution des personnages.

Narration : 6/10. Simple et efficace. L’évolution des personnages est bien menée

Histoire : 6/10. Une façon originale de reprendre sa vie en main

 

Note totale : 6/10. Un bon petit divertissement intelligent

 

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Anthology

1 Août 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Anthology

Auteur : Katsuhiro Otomo

Editeur : Sensei

254p

Style : science fiction à géométrie variable

 

L’histoire :

Ou plutôt les histoires puis qu’elles sont au nombre de 11. Je ne passerai pas le détail de chaque histoire ici mais je vous dirai juste qu’il s’agit de science fiction. Cela va du très sérieux au plus amusant avec parfois des touches d’inspiration européenne.

Certaines de ces histoires sont connues ou presque : « Memories » a déjà été produite en anime et « Fireball » faut déjà bien penser à Akira.

 

Ce que j’en ai pensé :

Katsuhiro Otomo, encore lui. Je l’ai découvert comme presque tout le monde avec Akira et j’aborde chacune de ses publications avec beaucoup de curiosité.

Pour une fois, la qualité des histoires est assez homogène et je les ai toutes aimées (cf L’homme de la Toundra). Chacune à sa façon et dans son registre. Si « Fireball » et « Memories » sont sur un mode sérieux, d’autres comme « Chronicle of the planet Tako » ou « That’s amazing world » sont sur un registre plus détendu. Mieux, plusieurs mois après les avoir lues, j’en ai une très grosse majorité toujours en tête. A chaque fois, le sujet abordé ou la narration utilisée fait que l’histoire racontée est un moment à part.

On ne peut s’empêcher de noter une vision un peu pessimiste d’un futur pris entre totalitarisme, guerre, rationnement et hygiénisme forcené. Mais même comme cela Otomo trouve le petit trait d’humour ou le dénouement qui va bien pour ne pas sombrer dans le glauque. D’ailleurs, de manière générale, les histoires se tiennent bien et sont bien racontées chose qui n’est pas forcément aussi évidente que ça sur un format aussi court.

 

En conclusion :

Une anthologie rafraîchissante. Espérons que l’on aura droit à d’autres initiatives de ce genre

 

Graphisme : 6/10. Globalement assez moyen avec cependant quelques planches très bien dessinées.

Narration : 7. Ce sont des histoires courtes et l’auteur ne se perd pas dans des détails inutiles pour faire des pages à ne plus savoir quoi en faire tout en conservant une bonne touche d’humour.

Histoire : 7/10. J’ai beaucoup aimé les histoires avec une mention particulière pour « Sound of sand »

 

Note totale : 7/10. C’est du bon qui frôle le très bon par moments.

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Rémina

22 Juillet 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Rémina

Auteur : Junji Ito

Editeur : Tonkam

292p

Style : qui fait peur

 

L’histoire :

Rémina est une jeune fille de 17 ans qui vit une vie paisible jusqu’au jour où son père, grand professeur découvre une nouvelle planète à laquelle il donne le même nom que sa fille. Là, tout s’enchaîne : fans, célébrité, pub, cocaïne, partouzes. Quoi que, je ne suis pas sûr pour les deux derniers.

Tout se passe pour le meilleur des mondes jusqu’au jour où les scientifiques réalisent que la planète Rémina se dirige vers la terre à vitesse grand V. Les choses se compliquent quand ils se rendent compte que Rémina (toujours la planète) est une goulue : elle mange les autres planètes, ce qui fait passablement désordre quand vous habitez sur la terre et que les autres planètes du système solaire viennent de passer à la trappe.

Si certains se disent que le dernier jour ils prendront un livre et qu’ils iront se mettre sous un arbre d’autres sont plus teigneux et pensent qu’il n’y a rien de tel qu’un bon sacrifice pour éviter d’y passer. C’est ce que se diront des milliers de gens qui voudront avoir la peau de Rémina (la fille) pour éviter le courroux de Rémina (la planète, soyez un peu attentifs).

Dans Rémina (le livre), nous suivons donc le parcours de Rémina (la fille) qui ne veut pas être sacrifiée par ses congénères pour Rémina (la planète).

 

Une deuxième histoire de couture est glissée à la  suite de Rémina.

 

Ce que j’en ai pensé :

J’ai  beaucoup aimé l’histoire. Pendant des années les gens ont vécu avec cette peur de la Bombe mais ils vivaient de manière relativement paisible. Là, la menace prend corps et tout de suite, les choses dégénèrent salement : perte de rationalité, instinct de survie et course poursuite déjantée (à la façon de Brazil).

Le rythme du récit est aussi très bon : je n’ai pas réussit à décrocher avant la fin. C’est dense et rapide juste comme il le faut.

Les histoires d’horreur sont souvent frustrantes à mes yeux car elles ne vont pas jusqu’au bout : les méchants sont pas vraiment méchants, le récit ne fait pas vraiment peur et au final, on au plus envie de rire qu’autre chose. Tout cela parce que la cible fréquente de ce type de récit est l’adolescent de base qui voit encore le monde avec ses yeux de biche. Et bien là, ça se passe bien : l’angoisse marche à plein et le Mal officie comme il le faut c'est-à-dire en s’amusant tout en étant efficace.

 

 

En conclusion :

Une œuvre dense et efficace

 

Graphisme : 6/10. Ni beau ni laid avec un petit plus pour les représentations de la planète Rémina (originalité et gigantisme).

Narration : 7. Très efficace et rapide. Pas de temps morts.

Histoire : 7/10. Une idée simple mais emmenée dans des prolongements bien intéressants

Note totale : 8/10. Une très bonne référence de l’horreur qui en exploite beaucoup de code sans en tomber dans les travers

 

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L'homme de la toundra

14 Juillet 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : L’homme de la toundra

Auteur : Jiro Taniguchi

Editeur : Casterman

243p

Style : la nature, c’est plus fort que toi

 

L’histoire :

Glénat a rassemblé six histoires de Jiro Taniguchi.

« L’homme de la toundra » traite de chercheurs d’or perdus dans la tempête avant le début de l’hiver. Ces nuls pensent survivre en chassant deux lapins par semaine pour quatre personnes. Alors forcément…

« Le grand ouest blanc » nous raconte l’histoire de deux hommes voyageant à traineau qui se font poursuivre par des loups qui n’arrivent même pas à se mettre des lapins sous la dent. Alors forcément, des bouts de viande de 80 kilos qui se pointent…

« Nos montagne » suit les pas d’un chasseur d’ours qui veut venger son fils mais ne parle pas de lapins.

« Kaïyosé-Jima, l’île où accostent les coquillages » évoque un été d’enfance du jeune Takashi au bord de la mer.

« Les appartements Shôkarô » décrit la vie d’un apprentis mangaka dans une résidence où se croisent des gens bien dépareillés.

« Retour à la mer » nous entraîne sur la route du cimetière des baleines. Une sombre histoire de grand bleu racontée sans panache et sans lapins vu qu’ils ne savent pas nager.

 

Ce que j’en ai pensé :

J’ai beaucoup aimé les grands classiques de Taniguchi et donc de temps en temps, je me plonge dans une de ses œuvres moins connue pour compléter ma vision de ses travaux.

L’homme de la toundra est à mes yeux une œuvre inégale.

Je me suis bien ennuyé pendant les trois premières histoires ainsi que la dernière. Il faut savoir rester humble face à la nature. OK, le message est passé mais voilà, je trouve les histoires banales. Je n’ai pas l’impression d’avoir appris ou partagé quelque chose en lisant ces histoires. J’ai eu la vilaine impression de regarder des séries B sur TF1 ou pire sur la TNT avec des scénarios bidons et des acteurs au charisme d’huitre. Au final, quatre histoires sur six sans intérêt, ça commence à faire beaucoup.

Les deux autres histoires, ce n’est pas pareil.

Taniguchi est plus dans ses registres classiques : souvenirs, enfance et adolescence.

J’ai retrouvé ce calme et cette sérénité qui caractérisent les autres livres que j’ai pu lire de lui. Les sujets sont simples, les histoires viennent naturellement et les personnages sont attachants. Il se dégage une certaine nostalgie de ces histoires là. Soit à cause de la tristesse des personnages rencontrés soit à cause des sentiments qui les unissent.

 

En conclusion :

Une œuvre inégale avec deux petites perles posées sur quatre tartines de pâté d’ours restées trop longtemps au soleil.

Graphisme : 7/10. Du Taniguchi classique : trait fin et décors soignés.

Narration : 6/10. Efficace comme du Tanigushi mais sans plus.

Histoire : 5/10. Inégales : du très banal.

Note totale : 5/10. Deux histoires surnagent dans un reste assez banal (pas inintéressant, mais juste banal). A conseiller à celles et ceux qui veulent mieux connaître l’auteur. Les autres peuvent passer leur chemin sans trop de soucis.

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Noise

7 Juillet 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas



Fiche d’identité :

Titre : Noise

Auteur : Tsutomu Nihei

Editeur : Glénat

156p + 29 des premiers travaux sur Blame

Style : manga – science fiction

 

L’histoire :

Dans un futur non daté, Musubi et Clauser, mènent une enquête sur des disparitions d’enfants. Noise prend leur histoire en cours de route à un moment important de l’enquête : nos deux comparses retrouvent des enfants qui sont passés entre les mains de fans de Didier Super un peu trop premier degré qui ont monté une sombre église et Clauser disparaît. Remise en cause, Musubi poursuit son enquête en solo et tombe sur un Clauser qui se métamorphose en monstre qui aime bien la viande. Crue.

Je ne vous raconterai pas la suite pour ne pas déflorer le sujet

 

Ce que j’en ai pensé :

Grand fan de Blame, j’ai couru un petit moment après ce manga qui n’est malheureusement plus publié. Blame avait été une grande source de bonheur mais aussi de frustration du fait de la complexité du monde décrit et de la narration qui en dit peu sur ce qui se passe. Noise en est donc le préquel et permet de poser un certain nombre de pierres aidant à la compréhension de Blame.

Ici, point de détail : les corps ne sont que des accessoires. Ils sont découpés, arrachés, mutilés, recomposés et transformés sans aucune forme de procès. J’ai eu cette impression de me retrouver dans un Matrix très amélioré avec plusieurs dimensions / plusieurs niveaux de réalité. La vie en elle-même me semble difficile à définir : les morts sont ramenés à la vie sous une nouvelle forme et certains d’entre eux peuvent même passer des coups de fil.

L’action est très présente et quelle action ! Les scènes sont dynamiques et font preuve d’une puissance que j’ai rarement vue dans un manga. Ça tire, ça explose, ça saute, ça découpe dans tous les sens sans jamais devenir brouillon.  Souvenez vous du pistolet de Will Smith dans les MIB, ben là Musubi mets la main sur une épée courte encore plus efficace.

Les décors démesurés commencent à faire une légère apparition. On devine un gigantisme du décor grâce à quelques planches mais il n’est pas encore un personnage à part entière comme cela sera le cas avec Blame.

 

En conclusion :

Une œuvre atypique de science fiction à lire absolument pour els fans de Blame et pour les autres afin de le devenir.

 

Graphisme : 7/10. Nihei réussit à créer un glauque et cohérent qui à mes yeux n’a pas vieillit pour le moment. A noter un chapitre en lavis alors que tout le reste est dessiné à l’encre.

Narration : 7/10. Bon rythme soutenu juste comme il le faut. Pas de temps morts, pas de cases inutiles.

Histoire : 8/10. Rapide et efficace. Nous avons enfin les pierres nécessaires à la compréhension de Blame.

Note totale : 8/10. Un très bon morceau de science fiction à lire absolument avec Blame

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L'âme du Kyudo

25 Juin 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas

Bon ben vu que je lis tout plein, autant faire ça de manière intelligente.
Je ferai 1/2 chronique BD par semaine à partir de maintenant.

L'âme du Kyudo



Fiche d’identité :

Titre : L’âme du Kyudo

Auteur : Hiroshi Hirata

Editeur : Delcourt

436p + 16 de commentaires / interview / biographie de l’auteur

Style : concours de tir à l'arc

 

L’histoire :

Kyoto, 17ème siècle, temple du Sanjûsangen-Dô, des samouraïs s’affrontent lors de l’épreuve du Tôshiya. Il s’agit de faire passer le plus de flêches possible d’un bout à l’autre du bâtiment. Ceux qui parmi vous auront passé leur enfance à jouer aux cowboy et aux indiens vous diront que la chose n’est pas si aisée que ça : la flèche doit parcourir une distance de 120 mètres. Tirée trop haut, la flèche se plante dans l’auvent du temple, trop bas, elle finira plantée dans le sol avant d’avoir atteint sa cible.

Rapidement,  les fiefs s’emparent de l’épreuve et en font un outils de rivalité pour affirmer leur domination des uns sur les autres.  Une course effreinée s’engage et des dizaines d’archers sont formés de par le pays pour devenir le meilleur, devenir le « Premier sous le ciel ».

Au cours d’un entraînement, le père de Kanzaemon (Kanza pour les intimes) reçoit une flèche dans la gorge et passe de vie à trépas. Kanza se venge et tue l’instructeur responsable de la mort de son père d’une flèche dans la tête. Ce geste qui aurait du causer sa mort le mettra sur le chemin d’un entraînement long et difficile vers le titre de « Premier sous le ciel ».

L’âme du Kyudo suit donc son parcours.

 

Ce que j’en ai pensé :

Au début, j’ai acheté ce manga par curiosité plus que par goût. Les histoires de samouraï et d’honneur ne sont pas ma tasse de thé vert mais la lecture d’articles vantant la qualité du travail de l’auteur a suscité mon intérêt. Après tout, il ne faut pas mourir bête. C’est donc d’un œil nonchalant que j’ai entamé la lecture de ce gekigaka.

Une lecture rapide de l’œuvre serait sans intérêt : quoi de moins intéressant qu’un concours de tire à l’arc si ce n’est un concours de pétanque sur la place de Beaune le Chaud ?

 

L’âme du Kyudo est une œuvre assez riche et deux principaux aspects m’ont plu.

Ma rétine s’est régalée à la lecture des pages qui composent ce Gekigaka. Le contraste entre les planches est saisissant entre celles qui semblent dessinnées rapidement mais avec style et celles, des bâtiments et des armes notamment, qui démontrent un travail extrêmement précis

L’âme du kyudo aurait pu être un bête concours de tire à l’arc et franchement on se serait bien embêtés en le lisant à part peut-être lors de la scène de méditation. Et bien non grâce à Hirata, nous avons là l’histoire d’une prise de conscience progressive. A mes yeux, le thème principale de cette œuvre est la tension entre tradition et modernité qui apparaît à plusieurs reprises.

La contestation du Tôshiya connaîtra le même parcours qu’un(e)aîné(e). Si si, souvenez vous de votre grande sœur qui suppliait vos parents d’aller en boite de nuit et qui se faisait enfermer dans sa chambre alors que vous, on vous a donné 100 francs en vous disant de ne pas trop boire. Et ben là, c’est pareil. Les premiers qui contestent le Tôshiya y laissent leur peau soit de leur fait soit du fait d’un pote sympa qui veut leur éviter ce geste puis progressivement, les mentalités évoluent.

 

 

En conclusion :

Une œuvre avec plusieurs niveaux de lecture pour combler tous les goûts. Merci à Hirata pour son travail et pour la façon dont il bichone ses lecteurs car lui, il donne les clefs de lecture de son œuvre. A la fin certes, mais il les donne.

 

Graphisme : 5/10. Sans être exceptionnel, l’ambiance générale est assez agréable.

Narration : 6/10. Rien que du très classique à mes yeux. Le rythme est bon, ni trop lent ni trop rapide et le sujet est maîtrisé, on pas d’impression d’improvisation comme cela peut arriver parfois.

Histoire : 7/10. Encore mieux qu’un concours de tire à l’arc. Je me suis surpris plusieurs fois à faire durer la lecture un peu plus avant d’éteindre la lumière.

 

Note totale : 7/10. Les différents niveaux de lecture font de L’âme du Kyudo un livre à lire et une bonne initiation aux histoires de Japon traditionnel.

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