revues de mangas
Sandland

Fiche d’identité :
Titre : Sand land
Auteur : Akira Toriyama
Editeur : Glenat
217p
Style : retour aux sources
L’histoire :
La terre va mal car après des années de guerre en ont fait un grand désert. Lao, le shérif d’une petite ville s’en va donc voir Beelzébub (le fils de Satan) pour partir à la recherche d’une source d’eau. C’est à partir de ce moment là que les choses se compliquent.
Ce que j’en ai pensé :
J’ai été élevé à Dragon Ball. Petit et adolescent, j’attendais le mercredi matin avec impatience que quand je ne pouvais pas être devant la télé, je faisais tourner le magnétoscope pour ne pas rater ça. Donc bon, forcément, j’allais pas passer à côté de l’un de ses travaux, surtout quand on sait que Toriyama a pas mal mis le dessin de côté depuis la fin de Dragon Ball.
Sand Land est un one shot d’action efficace. L’ensemble montre une certaine fraîcheur et un retour aux sources pour Toriyama. Ici point de mutations, guerriers qui se tatannent la tête pendant des pages entières, fusion et autres idées médiocres servant à allonger la durée de vie d’une série moribonde. On retrouve ce côté aventure / humour qui ont contribué au succès de Dragon Ball dans ses débuts.
Bon bémol cependant concernant l’histoire qui ne casse pas trois cornes à Satan, loin de là. Le sujet est assez banal et son développement se contente d’être efficace sans plus. Il manque ce petit truc en plus qui ferait que ça deviendrait génial. Toriyama revient aux sources avec cette œuvre mais sans se renouveler d’où ma déception.
Le charisme des personnages est variable lui aussi. Une petite mention spéciale à Thief qui assure un max en tant que personnage secondaire bourré d’humour. D’autres (beaucoup) sont un peu plus insignifiants et n’apportent pas grand-chose à l’histoire (je pense aux chef des tanks dont j’ai complètement oublié le nom, pour vous dire).
En conclusion :
Un bon retour aux sources avec un sujet maîtrisé sans être exceptionnel.
Graphisme : 5/10. Sans être exceptionnel, l’ambiance générale est assez agréable.
Narration : 7/10. Punchy juste ce qu’il faut avec les touches d’humour nécessaire.
Histoire : 3/10. Rien d’exceptionnel et pas mal téléphoné : on sait déjà comment ça va se finir à partir de la page 19
Note totale : 5/10. Un bon petit one shot bien divertissant juste comme il le faut et c’est déjà pas si mal que ça.
Goku Midnight Eye
Fiche d’identité :
Titre : Goku Midnigrt Eye
Auteur : Buichi Terasawa
Editeur : Taïfu
Autour de 800p en 4 volumes
Style : le regard qui tue
L’histoire :
Goku Furinji est un ancien policier reconverti en détective privé.
Mortellement blessé au cours d’une enquête, une organisation s’occupe de lui pour le requinquer et lui greffer un œil bionique avec un ordinateur super intelligent à l’intérieur qui lui permet de commander tout les circuits électroniques de la terre. Rien de moins que ça et là, on se rend compte que T4 et M6 n’ont rien inventé.
Ce que j’en ai pensé :
Les 4 volumes pour 15€ et mon statut de fan de Cobra dans ma jeunesse ont fait que j’ai acheté ces volumes dont je ne soupçonnais pas l’existence.
Ici, Goku se veut moderne. A la trappe le voyage pour accompagner un moine bouddhiste. Ici, on garde que le bâton et quel bâton.
Beaucoup d’auteurs de science fiction passent leur vie à écrire / dessiner des trucs en pour pouvoir dire au bout de quelques années : vous voyez, cette invention j’y avais pensé avant tout le monde. Les suites de 2001 m’avaient sacrément gavé à cause de ça. Terasawa a donc pour sa part inventé la machine suprême qui permet de commander les autres machines. C’est le pitch de l’œuvre et son principal attrait. Le reste est un peu moins glamour à mes yeux.
J’ai été un poil déçu en lisant ces tomes car les similitudes avec Cobra sont un peu trop nombreuses à mon goût : héros au design assez proche, toujours les mêmes paires de fesses (quoi que plus dénudées mais j’ai passé l’âge d’admirer les pages des 3 suisses), toujours les mêmes femmes d’ailleurs, toujours la même mécanique narrative etc. Bref c’est du Cobra peut-être un peu plus adulte et surtout un cran en dessous. Trois semaines après avoir fini la lecture de ces quatre tomes, je dois vous avouer que j’ai oublié 95% des histoires racontées. C’est pour dire si ça tombe dans le pas bien passionnant.
En conclusion :
Il manque un quelque chose pour en faire une bonne œuvre.
Graphisme : 8/10.Bon d’accord, le dessin est assez daté maintenant mais n’empêche que Terasawa a créé un univers graphique qui lui est bien propre avec quelques bonnes trouvailles et un niveau de détail plus important que la moyenne des autres mangas que j’ai pu lire.
Narration : 7/10. Le même que Blackjack ou Cobra : une succession de petites histoires qui au final nous permettent de mieux comprendre les personnages et le monde dans lequel ils évoluent.
Histoire : 3/10. Ouais ben ça casse pas trois pates à un robot comme on dit chez moi-même si le pitch initial est assez novateur pour l’époque où ça a été dessiné (M6 avait cassé la baraque ya pas si longtemps que ça avec un ado à 2 balles avec des nano machines).
Note totale : 5/10. Pour les fans qui veulent en savoir plus sur l’œuvre de Terasawa. Les autres peuvent passer leur chemin sans trop se faire de soucis pour leur culture.
Under Current
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Fiche d’identité :
Titre : Undercurrent
Auteur : Tetsuya Toyoda
Editeur : Kana
292p
Style : connais-toi d’abord
L’histoire :
Kanaé et son mari Satoru gèrent ensemble une entreprise de bain douche jusqu’au jour où ce dernier disparait sans laisser aucune trace. Commence alors les rumeurs en ville et surtout les interrogations pour Kanaé qui ne comprend pas les circonstances de la disparition de son mari.
Undercurrent commence au moment de la réouverture du ban douche par Kanaé et sa tante qui sont rapidement rejointes par M. Hori, un homme travailleur et peu locasse envoyé par le syndicat des bains douche.
La vie reprend son cours avec cette question de savoir pourquoi Satoru a disparu de la sorte.
Ce que j’en ai pensé :
Cela fait longtemps que je n’avais pas lu un manga dit réaliste et là, je dois vous dire que j’y ai pris un très grand plaisir. Que les choses soient bien claires, Undercurrent raconte une histoire qui pourrait se passer aujourd’hui à côté de chez vous avec un trait de dessin, un rythme et des personnages on ne peut plus proches du vrai.
Le dessin est clair, net et précis. Ni trop de simplification, ni trop de détail, le tout est très efficace et bien travaillé. Les passages en lavis sont très bien sentis et sur quelques planches je n’ai pas pu m’empêcher de lancer un « rôôôôôôôôôôô, c’est vraiment pas mal du tout ce plan ».
Deux questions reviennent tout au long de ce manga : connait-on les gens qui nous sont proches ? Est-ce que nous nous connaissons nous même ? Si aucune réponse n’est apportée directement, Toyoda nous montre la voie du questionnement pour y arriver avec plein de finesse.
La disparition / fugue d’un être que l’on croyait très proche soulève plein de questions de fond que l’on a peu l’habitude de voir traitées : pourquoi les gens disparaissent ? Que deviennent-ils ? Comment réagissent ceux qui restent ? Comment passer le cap ? Tetsuya Toyoda se pose ces questions et y apporte sa réponse en nous faisant assister au parcours de ses personnages. Le sujet est traité de manière sérieuse tout en ménageant des moments qui m’ont fait sourire.
J’ai aussi beaucoup aimé les personnages de ce manga. Ils ont été très bien travaillés et chacun d’entre eux fait avancer le récit avec sa contribution qui lui est propre. Ils sont tous réalistes, naturels, spontanés et marqués par leur histoire personnelle. Je mets des mentions spéciales à Kanaé pour son côté femme courage et pour ses mimiques, à Yamazaki pour son côté incongru et à grand père Sabu pour son espièglerie. Ces destins qui se croisent sont tous très attachants.
En conclusion :
Un de mes coups de cœur dans tout ce que j’ai pu lire de manga et il y en a un paquet (plus de 500 tomes à la maison). Tout est là : histoire et narration maîtrisées avec quelques pointes d’humour très bien senties, personnages attachants et très bien travaillés et dessin impeccable.
Graphisme : 7/10. Le dessin nous permet de nous plonger le plus naturellement possible dans une histoire réaliste. Les expressions des personnages sont particulièrement bien rendues.
Narration : 9/10. Tetsuya Toyoda a une très grande maîtrise de son sujet. Le rythme est très approprié, presque cinématographique et l’histoire progresse au fur et à mesure de la découverte de la personnalité des gens
Histoire : 7/10. Un thème on ne peut plus classique mais traité avec beaucoup de justesse.
Note totale : 9/10. Un de mes mangas préférés
La femme limace
Fiche d’identité :
Titre : La femme limace
Auteur : Junji Ito
Editeur : Tonkam
224p
Style : ça poisse
L’histoire :
De nouvelles histoires de Junji Ito avec cette fois-ci dans le désordre, une mycose envahissante, une limace, un poison géant, un goulu, des trous, des vampires et un bain qui craint.
Ce que j’en ai pensé :
Et hop, un nouveau tome d’histoires qui font peur.le dernier de la série, je reviendrai vers cet auteur un peu plus tard.
Cette fois-ci, pas d’idée super originale de la mort qui tue (même si on trouve beaucoup de morts au final), mais un niveau global assez correcte et en tout cas bien consistant.
Le tout fait à mes yeux un ensemble assez homogène dans ce volume autour du thème du dégoût. La couverture est faite pour faire penser à des écailles ou de la peu de bête peu ragoutante et c’est une sensation que j’ai retrouvée tout au long de ce recueil. Ce n’est pas forcément grand-chose, mais à chaque fois ou presque, j’ai trouvé un petit truc dérangeant juste comme il le faut. C’est peut être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup car les bonnes histoires d’horreur sont bien trop rares à mon goût.
En conclusion :
De bonnes petites histoire d’horreur dans la moyenne supérieure de l’auteur.
Graphisme : 5/10. Assez inégal du fait de la différence d’époque entre les histoires (la dernière est particulièrement en dessous des autres par exemple)
Narration : 6/10. Assez inégale entre le bon et le mauvais.
Histoire : 7/10. Assez inégale entre le bon et le mauvais là encore.
Note totale : 6/10. Un poil mieux que la dernière fois. En espérant que la qualité des volumes continue à progresser.
Le mystère de la chair

Fiche d’identité :
Titre : Le mystère de la chair
Auteur : Junji Ito
Editeur : Tonkam
220p + 2p de postface
Style : c’est arrivé près de chez vous
L’histoire :
Encore du Junji Ito me direz vous mais que puis-je y faire, les derniers mangas que j’ai lus de lui l’ont beaucoup plus alors forcément, je continue. Encore une fois, six histoires sont présentes dans ce recueil. Cette fois-ci au programme : Head & shoulders c’est plus fort que toi, beau papa fait chier, des abeilles, des laidrons qui deviennent belles des statues sans tête qui font des farces et enfin d’une institutrice qui essaye d’aider un pauvre petit garçon asocial à la tête d’œuf mal écaillée.
Ce que j’en ai pensé :
Encore de l’horreur certes mais pas tout à fait pareil que dans « Le voleur de visage ».
Ici l’ensemble des histoires m’a paru peut-être plus disparate. Certaines sont finalement toutes gentillettes alors que d’autres s’adressent très clairement plus à un public adulte. De même si certaines histoires sont intéressantes, d’autres le sont beaucoup moins tant sur le fond que sur la mise en forme.
La narration est aussi différente. Les histoires ne basculent pas de la même façon. Certaines ne basculent pas vraiment ou de manière très molle alors que d’autres vont le faire de manière rapide et violente.
En conclusion :
Des petites histoires d’horreur. A lire dans un deuxième temps pour celles et ceux qui voudront creuser le travail de l’auteur.
Graphisme : 6/10. Dessin fin bien dans la veine de ce que l’auteur a fait pendant les années 70.
Narration : 6/10. Assez inégale entre le bon et le mauvais.
Histoire :67/10. Assez inégale entre le bon et le mauvais là encore.
Note totale : 4/10. Des histoires trop inégales avec certaines d’un bon niveau d’un côté et d’autres sans aucun intérêt d’un autre.
Le voleur de visages
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Fiche d’identité :
Titre : Le voleur de visages
Auteur : Junji Ito
Editeur : Tonkam
222p
Style : tout se passait bien quand soudainement
L’histoire :
Le voleur de visages est un recueil de 6 histoires d’horreur de Junji Ito par ordre de date de publication. Quatre d’entre elles ont trait au visage, deux non. Dans l’ordre, nous avons donc : un(e) lycéen(e) qui copie le visage de ses camarades de classe, des épouvantails dans un cimetière qui prennent le visage des défunts, des gens qui s’envolent et tombent du ciel à l’insu de leur plein gré, le lien qui uni les amoureux, et enfin des ballons farceurs qui font leur apparition en ville
Ce que j’en ai pensé :
La première chose qui m’a marqué en lisant ce recueil, c’est l’évolution entre les histoires. Tonkam a bien fait de publier les histoires par ordre chronologique car cela nous permet de percevoir les progrès de Junji Ito tant d’un point de vue graphique que narratif. Autant la première histoire n’est pas si bien dessinée que ça et le sujet pas si bien exploité que ça, autant la dernière est très bonne.
Autre point intéressant est la narration. La recette est classique mais diablement efficace : situation initiale, élément perturbateur puis basculement dans l’horreur. Il y a toujours ce petit rien complètement anodin qui fait que la réalité dérape et que les protagonistes se trouvent pris dans une histoire dont ils ne sont que les pantins. Grâce à cette perte de pouvoir face à la réalité du monde environnant, les histoires ici présentes sont pour moi de bonnes vraies histoires d’horreur et pas seulement du teen movie à deux balles.
Un dernier point à noter porte sur le type d’horreur. Il n’y a presque pas de sang dans toutes ces histoires. Junji Ito cherche à faire peur à ses lecteurs non pas en les impressionnant graphiquement avec beaucoup de sang et des histoires tordues mais plutôt en faisant appel à leur tête. Merci à lui pour cet effort.
En conclusion :
De bien bonnes petites histoires d’horreur comme je les aime
Graphisme : 6/10 : très bonne évolution du style graphique au fil du temps pour arriver à un dessin plus fin et plus détaillé
Narration : 7/10 : bonne narration car l’horreur s’immisce doucement dans la vie des gens en leur en fait perdre le contrôle.
Histoire : 6/10 : de bonnes idées bien originales
Note totale : 6/10. Le voleur de visages est un bon recueil d’histoires d’horreur
Le journal de Soïchi
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Fiche d’identité :
Titre : Le journal de Soïchi
Auteur : Junji Ito
Editeur : Tonkam
226p
Style : est-ce que tu viens pour les vacances ?
L’histoire :
Yusuké et Michina viennent passer des vacances chez des cousins. Ils font alors connaissance de Soïchi un des fils de la famille qui passe son temps à sucer des clous et à préparer des coups tordus. Ce qui devait être de bonnes vacances devient un enfer pour Michina car Soïchi est du côté obscure de la force et tous les moyens sont bons pour qu’il arrive à ses fins.
Ce que j’en ai pensé :
Bon ben là, j’ai pris les choses à l’envers en commençant par le volume deux qui était un bon divertissement bien rafraîchissant. J’ai donc voulu creuser le filon.
J’aime bien le personnage de Soïchi car il est un faux méchant. Méchant, il l’est car il n’hésite pas à utiliser tous les coups possibles et imaginables pour pourrir la tête des gens qu’il n’aime pas. Si seulement je pouvais avoir les mêmes pour m’occuper de mes collègues de bureau, ma vie serait plus douce. Faux méchant parce qu’il n’a pas un si mauvais fond que ça et qu’il lui arrive se faire prendre à ses propres pièges et à être ridicule. Il s’agit juste d’un ado un peu couillon qui réussit à se faire cracher un clou dans le cul devant ses camarades.
J’ai moins aimé ce premier volume car le tout navigue entre horreur et humour mais de manière assez maladroite à mes yeux. Les sujets des histoires et les idées apportées pour les développer sont intéressants mais il manque un petit quelque chose pour que le tout s’imbrique bien et au final, j’ai trouvé ce volume assez insipide. Il ne se passe rien de bien passionnant et encore moins de chose marquantes si ce n’est l’histoire de la grand-mère de Soïchi qui permet de creuser un peu plus le caractère de ce dernier.
En conclusion :
Bon ben on voit que le travail date et que tel un bon vin, Junji Ito a amélioré ses histoires au fur et à mesure.
Graphisme : 6/10. Du Junji Ito des plus classiques
Narration : 4/10. De bonnes idées mais une mauvaise exploitation
Histoire : 4/10. Du banal de chez banal.
Note totale : 4/10. Rien de bien folichon à se mettre sous la dent dans ce volume. Je ne le conseille que pour ceux qui veulent creuser Junji Ito et Soïchi. Les autres peuvent passer leur chemin sans aucun regret.
Le journal maudit de Soïchi

Fiche d’identité :
Titre : Le journal maudit de Soïchi
Auteur : Junji Ito
Editeur : Tonkam
218p
Style : ado tête à claques
L’histoire :
Soïchi est un adolescent farceur qui aime pourrir la vie des gens qui l’entourent. J’en vois déjà qui disent qu’ils en connaissent plein des comme ça, notamment leur petit cousin Kévin mais Soïchi a cette particularité d’être fan de Claude François (« Si j’avais un marteau ») et de côtoyer le surnaturel.
Ce que j’en ai pensé :
Soïchi fait parti de la catégorie des grands couillons : toujours à l’affut de la moindre connerie à faire et c’est ce qui le rend attachant. Attention cependant car nous avons là un couillon particulièrement imaginatif aux pouvoirs surnaturels dont les plans ne se passent pas toujours sans accrocs contrairement à ceux d’Hannibal Smith.
Les histoires sont bien fichues et originales et on note une progression vers l’horreur dans leur succession. Si la première histoire est toute gentille et fait finalement plus sourire qu’autre chose, la dernière franchi le pas de l’horreur pour ados tout en restant bien fichue. Le tout est donc finalement bien agencé et est plaisant à lire.
En conclusion :
Un bon petit manga d’horreur.
Graphisme : 5/10. Rien de bien original à mes yeux mais dessin simple et efficace cependant.
Narration : 6/10. Fluide et efficace.
Histoire : 5/10. Une bonne petite progression avec quelques idées originales
Note totale : 5/10. Rien d’exceptionnel, mais de l’horreur bien agréable à lire.
Gringo
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Fiche d’identité :
Titre : Gringo
Auteur : Osamu Tezuka
Editeur : Sensei
628p
Style : apprenons à devenir japonais
L’histoire :
Hitishi Himoto est un cadre comme je les aime : ambitieux, dynamique, engagé et marié à une bombasse même s’il n’est qu’un nain (toutes les mêmes, je vous jure). Muté à Canivaria (bled oscure que l’on devine situé en Amérique du sud) suite à une promotion, il fini par se retrouver à Santa Luna suite à un coup fourré d’un subalterne.
Et Santa Luna est une charmante : pauvreté, guerre civile, corruption et état plus que défaillant. Cela n’entame pas la volonté de notre héro qui va remuer ciel et terre pour que son entreprise réussisse sur place, quitte à signer des contrats avec les révolutionnaires locaux.
Ce que j’en ai pensé :
Je ne peux que louer les travaux de Sensei pour publier chez nous les œuvres moins connues de Tezuka. Plus le temps passe et plus je découvre les différentes facettes de ses travaux avec plaisir. La lecture de Gringo est d’autant plus intéressante qu’il fait parti des derniers travaux du maître vu qu’il continuait à en préparer les planches à quelques semaines de mourir et qu’il est mort avant de pouvoir l’achever.
Gringo traite de trois thèmes à mes yeux.
Le premier est l’Amérique du sud et curieusement, c’est la première fois que je vois un manga prenant place dans cette partie du monde. Tezuka nous en ait un portrait peu élogieux comme je vous le décrivais plus haut dans le résumé. Les gens ne sont pas de mauvais bougres et plusieurs d’entre eux aident notre héro de manière désintéressée mais la violence régit les rapports humains et la société tombe en ruine.
Hitishi Himoto est un bon gars comme j’en ai rencontré tant en école de commerce et dans les boites dans lesquelles j’ai travaillé : dévoué à son entreprise, entêté, prêt à faire tous les sacrifices, grand travailleur et ambitieux. Rien ne l’arrêtera dans sa marche vers le sommet. Ce symbole du cadre est toujours d’actualité même vingt ans après et j’en ai rencontré quelques uns. Heureusement, lui reste humain en finissant par se préoccuper de sa femme et de sa fille.
Enfin et surtout, Gringo traite de ce que c’est que d’être japonais. Exilé, Hitishi Himoto cherche à se rapprocher de son Japon natal et découvre une communauté relativement fermée sur elle même : les japonais fréquentent les mêmes personnes, les mêmes bars et ont les mêmes centres d’intérêt.
La scène où Himoto voit des matchs de sumo à la télévision est assez révélatrice : sous ses airs sérieux, il a besoin de retourner à ses racines. Cette question des racines est importante aussi car Tezuka pose la question de savoir ce qu’est d’être véritablement japonais. Si le lien du sang est important, on voit que l’adoption des us et coutumes le sont aussi (voir notamment la scène où la femme et la maîtresse d’Himoto se rencontrent) mais ne font pas tout. On voit aujourd’hui encore les conséquences des coups de canon du colonel Perry et le repli sur soit du Japon qui conduit au rejet du Gaijin. Je suis assez tenté de faire un parallèle avec les français que j’ai vus en expatriation : ils se retrouvent entre français pour former une communauté fermée.
En conclusion :
Une œuvre mature et dense comme on aimerait en voir plus souvent.
Graphisme : 7/10. Tezuka maîtrise pleinement son style.
Narration : 7/10. Dense juste comme il le faut : pas de case ou de pages inutiles.
Histoire : 7/10. De rebondissement en rebondissement, on ne s’ennui jamais. Quel dommage que Tezuka n’a pas pu finir son travail.
Note totale : 7/10. Un bon travail de Tezuka : tout est maîtrisé.
Japan
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Fiche d’identité :
Titre : Japan
Auteur : scénario Buronson et dessin Kentaro Miura
Editeur : Glénat
192p
Style : mad max nationaliste japonais
L’histoire :
Katsuji Yashima est amoureux d’une présentatrice télé et la suit partout en espérant que son amour trouve une réponse positive chez elle.
Au cours d’un reportage à Barcelone, tous deux se trouvent pris dans un éboulement de terrain qui les mène dans une sorte de grotte où un nain fripé leur prédit la fin du Japon façon Carthage (bah ui, à force d’être trop arrogants, c’est le Karma, un jour il faut payer)
Et hop, abracadabra, le trou du cul du chat, nos comparses se retrouvent téléportés dans un futur Mad Max nationaliste version cheap où les japonais sont traités comme des sous hommes pour avoir épuisé la terre.
Ce que j’en ai pensé :
Je n’ai qu’une seule chose à dire : youhou.
Berserk et Hokuto no Ken sont deux séries souvent comparées du fait de leur violence alors forcément, quand les deux hommes à leur se croisent, tout fan qui se doit est émoustillé. Et là, le mariage s’est fait pour le meilleur et surtout pour le pire.
Graphiquement, cela date un peu mais c’est aussi normal car ce one shot de trop est de 1992 alors que Berserk n’existait que depuis pas plus de 2 ans. On retrouve le style de Miura avec des éléments qui rappellent plus qu’un peu la troupe du faucon : casques, armures et coupes de cheveux. Par contre, ne cherchez pas d’originalité dans le dessin : tout est une basse resucée de Mad Max et de Hokuto No Ken.
L’histoire n’apporte rien : les japonais ont été arrogants, on leur fait payer une fois la terre épuisée mais ils retrouvent leur fierté et repartent à la conquête de la planète. Voilà, je viens de résumer 192 pages en 1.75 ligne.
Le pompon est atteint quand on s’intéresse au fond de l’histoire. Le tout est quand même plus que teinté de nationalisme et de virilité mal placée. Mon passage préféré est un dialogue entre le personnage principal et un autre gugus. Pourchassés par les vilains européens, ils se cachent sur une plage quand débarquent des européens accompagnés de japonaises :
« Toutes ces femmes… ce sont des japonaises non ?
Ouais, des japonaises pure souche.
Mais qu’est-ce qu’elles font avec ces types ? »
Ou comment le mâle envisage sa femelle, je vous le dis, c’est que du bonheur. J’ai aussi beaucoup aimé les dernières répliques de l’histoire : « Nous allons bâtir un nouveau pays. Et tout homme, quelles que soient ses origines pourra y vivre avec dignité. Ce nouvel état, je l’appelle Japan ». Où l’on se rend compte que les Etats Unis ne sont que des petits joueurs quand il proposent de faire du 4 juillet une fête mondiale dans Independence Day.
En conclusion :
Un collector tellement que c’est mauvais
Graphisme : 4/10. Aucune originalité. Heureusement que le trait est quand même un minimum travaillé
Narration : 5/10. Ni bon, ni mauvais.
Histoire : 1/10. Aucun intérêt si ce n’est indirectement pour avoir une idée du nationalisme au Japon.
Note totale : 1/10. Nanard nationaliste de mauvaise qualité à réserver aux amateurs de nanarland.