Gringo
9 Octobre 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas
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Fiche d’identité :
Titre : Gringo
Auteur : Osamu Tezuka
Editeur : Sensei
628p
Style : apprenons à devenir japonais
L’histoire :
Hitishi Himoto est un cadre comme je les aime : ambitieux, dynamique, engagé et marié à une bombasse même s’il n’est qu’un nain (toutes les mêmes, je vous jure). Muté à Canivaria (bled oscure que l’on devine situé en Amérique du sud) suite à une promotion, il fini par se retrouver à Santa Luna suite à un coup fourré d’un subalterne.
Et Santa Luna est une charmante : pauvreté, guerre civile, corruption et état plus que défaillant. Cela n’entame pas la volonté de notre héro qui va remuer ciel et terre pour que son entreprise réussisse sur place, quitte à signer des contrats avec les révolutionnaires locaux.
Ce que j’en ai pensé :
Je ne peux que louer les travaux de Sensei pour publier chez nous les œuvres moins connues de Tezuka. Plus le temps passe et plus je découvre les différentes facettes de ses travaux avec plaisir. La lecture de Gringo est d’autant plus intéressante qu’il fait parti des derniers travaux du maître vu qu’il continuait à en préparer les planches à quelques semaines de mourir et qu’il est mort avant de pouvoir l’achever.
Gringo traite de trois thèmes à mes yeux.
Le premier est l’Amérique du sud et curieusement, c’est la première fois que je vois un manga prenant place dans cette partie du monde. Tezuka nous en ait un portrait peu élogieux comme je vous le décrivais plus haut dans le résumé. Les gens ne sont pas de mauvais bougres et plusieurs d’entre eux aident notre héro de manière désintéressée mais la violence régit les rapports humains et la société tombe en ruine.
Hitishi Himoto est un bon gars comme j’en ai rencontré tant en école de commerce et dans les boites dans lesquelles j’ai travaillé : dévoué à son entreprise, entêté, prêt à faire tous les sacrifices, grand travailleur et ambitieux. Rien ne l’arrêtera dans sa marche vers le sommet. Ce symbole du cadre est toujours d’actualité même vingt ans après et j’en ai rencontré quelques uns. Heureusement, lui reste humain en finissant par se préoccuper de sa femme et de sa fille.
Enfin et surtout, Gringo traite de ce que c’est que d’être japonais. Exilé, Hitishi Himoto cherche à se rapprocher de son Japon natal et découvre une communauté relativement fermée sur elle même : les japonais fréquentent les mêmes personnes, les mêmes bars et ont les mêmes centres d’intérêt.
La scène où Himoto voit des matchs de sumo à la télévision est assez révélatrice : sous ses airs sérieux, il a besoin de retourner à ses racines. Cette question des racines est importante aussi car Tezuka pose la question de savoir ce qu’est d’être véritablement japonais. Si le lien du sang est important, on voit que l’adoption des us et coutumes le sont aussi (voir notamment la scène où la femme et la maîtresse d’Himoto se rencontrent) mais ne font pas tout. On voit aujourd’hui encore les conséquences des coups de canon du colonel Perry et le repli sur soit du Japon qui conduit au rejet du Gaijin. Je suis assez tenté de faire un parallèle avec les français que j’ai vus en expatriation : ils se retrouvent entre français pour former une communauté fermée.
En conclusion :
Une œuvre mature et dense comme on aimerait en voir plus souvent.
Graphisme : 7/10. Tezuka maîtrise pleinement son style.
Narration : 7/10. Dense juste comme il le faut : pas de case ou de pages inutiles.
Histoire : 7/10. De rebondissement en rebondissement, on ne s’ennui jamais. Quel dommage que Tezuka n’a pas pu finir son travail.
Note totale : 7/10. Un bon travail de Tezuka : tout est maîtrisé.