Domû
22 Septembre 2009 , Rédigé par Goldenyears Publié dans #Revues de mangas

Fiche d’identité :
Titre : Dômu Rêves d’enfants
Auteur : Karsuhiro Otomo
Editeur : Les humanoïdes associés
233p
Style : enfants turbulents
L’histoire :
Tokyo et ses quartiers résidentiels : des oiseaux qui chantent, des enfants qui jouent et des gens qui se suicident. Bon d’accord, un suicide de temps en temps, ça arrive. Sauf que là, c’est par paquets entiers que les gens disparaissent dans seul et même quartiers et l’enquête n’avance pas. Pire, L'inspecteur Yamagawa en charge des opérations passe à la trappe lui aussi.
Les événements prennent une toute autre tournure quand la personne derrière ces suicides s’en prend à Etsuko jeune fille qui a des pouvoirs de télékinésie.
Ce que j’en ai pensé.
Ces grands complexes qui font vivre ensemble des centaines et même des milliers de personnes n’empêchent pas les personnages de ce manga d’être seuls : Yoshikawa est laissé de côté à cause de son père alcoolique, Yamagawa passe ses journées seul ou presque assis sur un banc à observer la vie du quartier etc. Les deux principaux personnages humains sont eux aussi victimes de cette solitude et cherchent à la briser : Chô-San en tuant des gens et Etsuko en protégeant Yoshikawa. Chacun son truc.
Les immeubles sont à mes yeux plus que décoratifs et sont des personnages à part entière. Fourmilières massives, ils occupent tout l’horizon et permettent d’enrichir le travail graphique d’Otomo. J’ai eu une pensée émue pour 20th Century Boy en lisant Dômu. 20th Century Boy représente des visages sur un bon 90% du papier utilisé ce qui laisse penser à un remplissage hâtif des pages pour remplir les exigences de bouclage (je n’ai vraiment pas aimé cette série, j’y reviendrai plus tard). Ici non, le décors est bien représenté et sert de véritable théâtre aux événements tout en abordant la question des conséquences de l’urbanisme sur les rapports sociaux.
En parlant de théâtre des événements, on peut dire que celui-ci est bien animé. Oubliez Matrix qui n’est qu’un travail d’amateur sponsorisé par MC Afee. Dans Dômu, ça vole, ça se téléporte et ça explose à tout bout de champ. Ce qui s’annonçait comme une enquête policière bascule en un affrontement dévastateur à grands renforts d’effets spéciaux avec une mise en scène souvent très bien sentie.
Enfin, je ne peux malheureusement pas passer à côté de soucis d’ordre narratifs. Si le sujet est plein de potentiel et laisse entrevoir un futur Akira, il est ici mal exploité à mes yeux. Des coupures apparaissent dans le récit et il arrive souvent que l’on passe du coq à l’âne sans savoir pourquoi ni comment. Surtout j’ai été frustré car l’histoire se résume un peu trop à une tatane entre deux télé kinésistes. On ne sait pas d’où ils viennent et leurs motivations sont à peine effleurées si bien que j’ai eu cette impression d’un travail incomplet.
En conclusion :
De l’action, de l’action de l’action certes, mais ça ne fait pas tout
Graphisme : 8/10. Bon travail graphique avec des efforts remarquables sur les décors.
Narration : 3/10. C’est là que le bas blesse : thèmes abordés de manière partielle et les sauts dans le récit sont désagréables.
Histoire : 4/10. Ça pourrait être bien mais le sujet est mal exploité.
Note totale : 5/10. A réserver aux fans d’Otomo, Akira représente un travail beaucoup plus complet.